
Selon de nouvelles données d’Eurostat, seules 29,2 % des personnes âgées de 16 à 74 ans dans l’Union européenne ont tenté de vérifier si les informations trouvées ou reçues en ligne étaient authentiques ou fabriquées en 2025. Les disparités entre les pays sont frappantes : l’Irlande arrive en tête de l’UE avec 63,6 %, tandis qu’en Grèce, seulement 9,8 % des personnes ont déclaré avoir effectué une telle vérification.
Cette situation est préoccupante, surtout à une époque où l’IA générative permet de produire des textes, des photographies, des voix et des vidéos convaincants, et où les escrocs utilisent couramment les noms, les visages et les identités de personnes et d’organisations réelles pour mener à bien leurs campagnes frauduleuses.
Malheureusement, les chiffres d’Eurostat ne nous indiquent pas qui est capable de reconnaître la désinformation, et ils ne signifient pas pour autant que toutes les autres personnes croient aveuglément à tout ce qui s’affiche sur leur écran. Ils mesurent en réalité un aspect plus précis : la volonté des individus de vérifier activement l’exactitude des informations ou des contenus rencontrés en ligne.
Les chiffres d’Eurostat pour 2025 révèlent d’importantes disparités dans les habitudes de vérification à travers l’Europe. L’Irlande occupe la première place : 63,6 % des personnes âgées de 16 à 74 ans y ont tenté de vérifier des informations en ligne en consultant d’autres sources. Les Pays-Bas suivent avec 53,1 %, tandis que le Luxembourg atteint 45,2 %. La moyenne de l'UE est bien plus basse, s'établissant à 29,2 %. La Roumanie se situe à l'autre extrémité du classement avec 18,2 %, suivie de la Lituanie (14,9 %) et de la Grèce (à peine 9,8 %).
Irlande 63,6 %
Pays-Bas 53,1 %
Luxembourg 45,2 %
Moyenne de l'UE 29,2 %
Roumanie 18,2 %
Lituanie 14,9 %
Grèce 9,8 %
Source : Eurostat, 2025. Personnes âgées de 16 à 74 ans ayant tenté de vérifier l'exactitude d'informations ou de contenus trouvés en ligne.
L'écart est considérable. Une personne interrogée en Irlande était plus de six fois plus susceptible de déclarer vérifier les informations en ligne.
Il est tentant d'inverser la perspective et d'affirmer que 70,8 % des Européens ne vérifient pas la véracité de ce qu'ils voient en ligne. Cette statistique mesure une activité déclarée sur une période donnée, et non si une personne est sceptique, crédule ou capable de reconnaître de fausses informations.
En fait, les statistiques de 2025 reflètent une tendance encourageante. Eurostat a mesuré ce même comportement lors d'enquêtes précédentes.
En 2021, environ 23 % des personnes âgées de 16 à 74 ans dans l'UE vérifiaient l'exactitude des informations ou contenus trouvés sur des sites d'actualités ou les réseaux sociaux. Eurostat a également constaté que 47 % d'entre elles avaient été confrontées à des informations qu'elles jugeaient fausses ou douteuses au cours des trois mois précédant l'enquête.
En 2023, le taux global de vérification était passé à 27 %, ce qui constitue une bonne nouvelle car cela met en évidence une tendance.
Le dernier chiffre en date, 29,2 %, confirme cette trajectoire ascendante. Il ne s'agit peut-être pas d'un bouleversement spectaculaire, mais la vérification active semble se généraliser.
La situation est encore plus encourageante en ce qui concerne les jeunes. L'âge constitue l'une des différences les plus marquées dans les données d'Eurostat. Dans sa dernière analyse, l'organisme indique qu'en 2025, 41 % des personnes âgées de 16 à 29 ans ont vérifié les informations ou les contenus trouvés en ligne, contre environ 31 % pour l'ensemble des internautes pris en compte dans cette comparaison.
Ce taux de vérification plus élevé chez les jeunes est particulièrement notable, car ils comptent également parmi les plus grands utilisateurs d'Internet. Une exposition accrue aux informations en ligne multiplie les risques de tomber sur des contenus trompeurs, des arnaques ou des éléments manipulés.
Il fut un temps où les contenus en ligne douteux étaient relativement faciles à repérer. Un e-mail d'hameçonnage pouvait contenir des fautes d'orthographe flagrantes, un site frauduleux paraître mal conçu ou une photographie manipulée présenter des artefacts visuels. Ces indices n'ont pas disparu, mais ils deviennent moins fiables.
L'IA générative permet aux escrocs de produire des textes soignés, des images réalistes et des contenus audio convaincants, sans nécessiter les compétences techniques qui étaient autrefois indispensables pour les créer. Résultat : bon nombre des indicateurs superficiels traditionnellement utilisés pour juger de la crédibilité d'un contenu perdent de leur valeur.
La vérification des informations s'inscrit désormais aux côtés de pratiques de sécurité en ligne plus courantes, telles que l'utilisation de mots de passe uniques, l'activation de l'authentification multifacteur et la mise à jour régulière des logiciels.
Des outils peuvent également apporter leur aide. Bitdefender RealCheck aide les internautes à évaluer les contenus en ligne suspects — notamment les potentielles vidéos truquées par IA (deepfakes) et les arnaques — lorsqu'ils ont un doute. Toutefois, aucun outil automatisé ne peut remplacer une habitude simple, efficace contre presque toutes les formes de tromperie en ligne : vérifier si une affirmation importante peut être confirmée par une source indépendante avant d'y donner suite.
Les chiffres d'Eurostat indiquent que cette habitude se répand en Europe. En 2021, environ 23 % des personnes déclaraient vérifier les informations trouvées en ligne. En 2025, ce chiffre a atteint 29,2 %.
Combien de personnes vérifient les informations trouvées en ligne ?
En 2025, 29,2 % des personnes âgées de 16 à 74 ans dans l'UE ont tenté de vérifier l'exactitude d'informations ou de contenus trouvés en ligne en consultant d'autres sources.
Quel pays de l'UE vérifie le plus souvent les informations en ligne ?
L'Irlande a enregistré la proportion la plus élevée en 2025 (63,6 %), suivie des Pays-Bas (53,1 %) et du Luxembourg (45,2 %).
Quels pays de l'UE affichent les taux de vérification les plus faibles ?
La Grèce a enregistré la proportion la plus faible (9,8 %), suivie de la Lituanie (14,9 %) et de la Roumanie (18,2 %).
Les Européens vérifient-ils plus souvent les informations en ligne ?
Les enquêtes comparables d'Eurostat montrent une tendance à la hausse. Environ 23 % des personnes âgées de 16 à 74 ans vérifiaient les informations en ligne en 2021 ; ce taux est passé à 27 % en 2023 et à 29,2 % en 2025.
Les données d'Eurostat signifient-elles que la plupart des Européens croient aux fausses informations ?
Non. Eurostat mesure si les personnes ont déclaré vérifier l'exactitude des informations en ligne au cours d'une période donnée. Ces données ne permettent pas de savoir si elles croient aux fausses informations ou si elles sont capables d'identifier des contenus erronés.
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